Saint-Jean du Gard au cœur des Cévennes

Saint-Jean-du-Gard est un petit village située au milieu des collines, qui s'étire dans la vallée de la Borgne, sur la rive gauche du Gardon, le long de la RD 907 et de la RD 983 reliant Anduze à Florac. Il se trouve à 25 km d’Alès et à 60 km au Nord Ouest de l'agglomération nîmoise, à la rencontre de la Vallée Borgne et de la Vallée Française. Cette situation en fait un carrefour de pénétration qui commande l'accès à la corniche des Cévennes, voie de communication importante vers la ville de Florac, petite sous-préfecture Lozérienne.

Au XIIIe siècle, l'artisanat et le commerce battent leur plein. Commerçants et artisans prospèrent et s'adonnent aux joies du mercantilisme, vendant leurs produits tout au long de la Grand Rue. C'est vers 1530 que la population saint-jeannaise se convertit au calvinisme, poussée par les idées de la réforme protestante. Ils vont se livrer à la guerre des Camisards opposant les protestants aux armées du roi. Dès 1683, la résistance protestante, née de la destruction du temple s'installe, rapidement enrayée par les troupes royales qui arrivent de Saint Hyppolite du Fort Les catholiques prennent alors le contrôle du village. En 1685, l'Edit de Nantes contraint ceux qui refusent de se convertir au Catholicisme à fuir vers les mas isolés ou plus loin dans les vallées. Parallèlement, les premières assemblées clandestines s'organisent. La grotte de Rouville qui servait de cache aux résistants est murée. Une seule personne continue la lutte armée : Abraham Mazel.

C'est lui qui déclenche la guerre des Camisards en 1702. Il est capturé une première fois après avoir brûlé l'église de Saint-Martin de Corgnac. Après s'être échappé de la tour de Constance à Aigues-Mortes (34), il tente une dernière fois un soulèvement dans le Vivarais et les Cévennes. Il est tué au mas de Couteau près d'Alès (30).C'est durant l'automne 1878, que Robert Louis Stevenson et son âne Modestine traversent le village. Saint Jean du Gard est l'un des arrêts de son périple cévenol, à la suite duquel il écrira son ouvrage intitulé « Voyage avec un âne dans les Cévennes ». Saint Jean du Gard va ensuite connaître une période de prospérité.

Le Musée des vallées cévenoles de Saint Jean du Gard

Sur près de 600 m2 en plein cœur du village, vous allez découvrir tout ce qui a forgé la culture cévenole. Au fil de la visite, vous apprendrez tout sur le châtaignier, les vers à soie qui ont profondément conditionné la vie de la région, mais aussi modifier le paysage des Cévennes. Vous vous initierez ainsi au travail de la soie en découvrant les outils nécessaires à sa récolte et sa transformation. Vous parcourrez également des salles qui vous familiariseront avec le mobilier et l'architecture régionale.

Le pont des Abarines

Bien que situé à quelques kilomètres du village, il reste néanmoins l'un des joyaux architecturaux du coin. Ce magnifique ouvrage construit pour franchir la vallée du Gardon de Mialet, avait pour rôle d'éviter d'emprunter l'ancienne route de Mialet, à flanc de montagne et aujourd'hui réservée et faisant le bonheur des promeneurs.

Vous pourrez d'ailleurs contempler des vues magnifiques du pont et des montagnes alentours en l'empruntant. Franchissant la rivière à près de 35 mètres de haut et sur une longueur totale approchant les 40 mètres, les eaux du torrent au pied du pont sont très appréciées des baigneurs pendant l'été, le grandiose panorama s'ajoutant à la tranquillité du lieu et la limpidité des eaux du Gardon.

Le temple

Situé sur la place Carnot, autrefois appelée place d'armes réunit les protestants pour le culte depuis le début du XIXe siècle. Il fut détruit après la révocation de l'Edit de Nantes. On construisit l'église catholique avec ses matériaux. Tout fut réutilisé, la cloche changeant même d'édifice. Il fut reconstruit plus tard à son emplacement initial. La tour de l'horloge fut construite au XIIIe siècle par les bénédictins. Il s'agissait du clocher d'une église détruite par les protestants au XVIe siècle. À son pied, on trouve l'ancien cimetière du village.

Châteaux de Saint-Jean-du-Gard

Probablement du XVIe siècle, il est construit à l'emplacement d'un précédent brûlé sur ordre d'Henri II, et existait probablement au XIVe. Il est doté de deux tours à partir de 1652. Après la révocation de l'édit de Nantes, des protestants sont incarcérés dans la prison du château et une garnison y est établie. Le maréchal de Villars et l'intendant de Basville y séjournent.

La Maison Rouge

Construite en 1838 elle est la plus grande des nombreuses filatures de St-Jean-du-Gard. C'est aussi sans doute celle qui fut la plus aboutie d'un point de vue architectural et ornemental. On remarquera l'escalier monumental à double révolution et les clefs sculptées des archivoltes moulurées du niveau supérieur. Les grandes baies sont caractéristiques des filatures où un éclairage maximal s'imposait. Cette construction très soignée, finement décorée, symbolise bien la richesse que l'on attribue à la civilisation de la soie dit, de « l'arbre d'or ». De 1957 à 1964, cette filature, équipée de matériel japonais, fut la dernière à fonctionner en France.

Mialet, Village des Camisards

Mialet, ce village des Cévennes de 500 habitants, présente un relief tourmenté, d'où les différents hameaux : Luziers, le Mas Soubeyran Paussan, les Aigladines, les Puechs, la Baumette... qui le compose. L'histoire locale, étroitement liée à la Réforme, contribue à l'attraction de nombreux visiteurs. En effet, Mialet demeure la terre des Camisards, ces protestants des Cévennes qui se sont révoltés contre Louis XIV suite à la révocation de l'Edit de Nantes.

Le Musée du Désert

Il retrace l'histoire des Protestants de France de 1685 à 1787, et est un lieu de rassemblement de la communauté protestante. Il se situe au Mas Soubeyran, un des hameaux de la commune de Mialet. Au coeur d'un hameau cévenol et des ses ruelles typiques, dans la maison natale du chef camisard Rolland, par des pièces et des documents authentiques, le Musée du Désert fait revivre le passé huguenot, en particulier, après une présentation audio-visuelle de la Réforme. Il veut aussi être un témoignage de fidélité protestante.

Les Grottes de Trabuc

À Mialet, elles sont connues depuis l'Antiquité, ce n'est pourtant qu'en 1899 que les réseaux sont parcourus par les premiers spéléologues. L'aménagement des grottes, dans les années 50, a permis aux visiteurs d'accéder aux cascades rouges, à la salle du Lac de Minuit, et surtout au Cent Mille Soldats,100 000 petites stalagmites hautes de 10 cm maximum, plantées sur le sol d'une vaste galerie. Mystère encore inexpliqué... à voir absolument ! C'est en 1856 qu'Eugène Mazel créa le parc de la Bambouseraie à Générargues, où il introduisit le bambou et de nombreuses plantes et fleurs rares. Aujourd'hui le parc, unique en Europe, contient de très nombreuses variétés de plantes, un jardin aquatique, un village asiatique.

Anduze, et au milieu coule la rivière...

Lovée au flanc du rocher de St Julien pour sa partie la plus ancienne, Anduze est une cité antique à l'histoire renouvelée notamment par son adhésion au protestantisme. La « Paix d'Alais » (1629), verra le siège de la ville en présence du Cardinal de Richelieu. Elle consacre la défaite politique du protestantisme. De cette époque, il ne reste des fortifications de la ville que la Tour de l'Horloge et le château. est toutefois probable que certaines façades des maisons de la rue Basse soient constituées de vestiges de ces fortifications. Jusqu'à la fin du XIXe, ce bourg avec le commerce florissant et la manufacture se dote d'un patrimoine architectural intéressant. Aujourd'hui, Anduze donne d'elle une image de ville d'accueil et de villégiature pour du tourisme « vert » avec de nombreux sentiers de randonnée. Les Gardons (Gardons de Saint-Jean, Gardons de Mialet, dont les deux cours se rejoignant forment le Gardon d'Anduze) offrent de multiples possibilités de baignades dans des eaux vives et pures. Ainsi, les amateurs de baignades naturelles trouveront leurs bonheurs tantôt dans les « gourds » torrentueux, tantôt dans les grands plans d'eau que la nature a préservé.

Anduze est également célèbre dans l'hexagone pour sa poterie, des « vases » à guirlandes de grandes dimensions. Ces derniers étaient destinés à agrémenter de riches demeures : on y plantait souvent des orangers ou citronniers que l'on mettait à l'abri dès les premiers froids.

Ces poteries d'Anduze notamment celle de La Madeleine font aujourd'hui partie du patrimoine culturel de la ville et de la Région.

Le Train à vapeur des Cévennes

Ce train, au départ d'Anduze, après un arrêt à la Bambouseraie de Prafrance où les voyageurs peuvent descendre pour visiter la plus grande bambouseraie d'Europe, le voyage continue en direction de Saint Jean du Gard. Se jouant des méandres du gardon, le parcours dure près de 45 minutes, ravie les plus petits comme les plus grands par la beauté des paysages qu'il traverse, mais aussi par la splendeur des ouvrages d'art qu'il emprunte.

La Bambouseraie de Prafrance

Connue aussi sous le nom Bambouseraie d'Anduze - profitez des 15 hectares de cette extraordinaire forêt, perdez vous dans son labyrinthe et flânez dans le jardin asiatique Unique en Europe par ses dimensions, la bambouseraie de Prafrance se situe dans un domaine d'une superficie de 34 hectares (le parc, seule partie ouverte au public, couvre à lui seul 15 hectares) à 11 km au sud-ouest d’Alès et à 2 km au nord d’Anduze. Elle contient des bambous plantés à partir de 1856 par Eugène Mazel. Depuis 1902, la famille Nègre préside aux destinées de la Bambouseraie, en n'ayant de cesse que de multiplier les espèces, ouvrir le parc au public et développer les plantations. En 2008, la Bambouseraie est inscrite au titre des Monuments historiques...

Pour l’anecdote, ce parc a servi de cadre pour le tournage de plusieurs films dont Le Salaire de la Peur réalisé en 1953 par Henri-Georges Clouzot avec Charles Vanel et Yves Montand.

Alès, Capitale des Cévennes.

Au Moyen-Age, Alès devient un bourg riche. En 1 200, la « Charte d'Alais » fixe les droits de ses habitants, notamment celui d'élire 2 ou 4 consuls. L'histoire d'Alès est marquée par la Réforme protestante. Ralliée à cette cause, la ville accueille, en 1620, le synode général des Eglises Réformées de France. Après un dur conflit avec le pouvoir royal, c'est la « Paix d'Alais », signée en 1629, qui reconnaît aux protestants la liberté de culte.

Terre de tradition, ville de caractère d'une richesse étonnante, Alès en Cévennes propose de vous faire découvrir un patrimoine culturel diversifié.

La Cathédrale Saint Jean Baptiste

Bâtiment classé, présentant des éléments d'architecture romane, gothique et néoclassique.

Edifiée sur les restes d'une ancienne église carolingienne, elle-même située sur l'emplacement d'un temple gallo-romain. La cathédrale y abrite les grandes orgues du XVIIIe siècle.

L'Ermitage

Au sommet de la colline se dresse la statue de Notre Dame des Mines. Le panorama de l'Ermitage offre une vue exceptionnelle sur Alès et sa région. Les tables d'orientation permettent de situer les villages cévenols alentours. Occupée déjà 10 000 ans avant notre ère, la colline a livré de nombreux objets au cours des fouilles. La plupart d'entre eux sont conservés au Musée du Colombier.

Le Château de Trouillas

Situé sur la commune de Rousson, cette habitation grandiose et sévère, blottie dans une forêt de pins et de chênes verts, flanquée de quatre énormes tours avec une cour intérieure, de longs corridors et des salles immenses fut construite entre 1600 et 1615 par le seigneur d'Agullac. Il fut attaqué par les Huguenots lors de l'épisode des guerres de religion en Cévennes, abrita pour une nuit le Cardinal de Richelieu et le roi Louis XII venus signer la Paix d'Alès (La paix d'Alais ou « édit de grâce... ») en 1629 et résista aux troupes révolutionnaires en 1792.

Le GR70

Le chemin de Stevenson est le nom donné au chemin de grande randonnée no 70 (GR 70), en référence au parcours effectué en compagnie de son ânesse « Modestine » du Monastier sur Gazeille en Haute Loire jusqu’à Saint Jean du Gard, par l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson. Il a fallu douze jours à l’auteur de L’île au trésor et le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde pour parcourir les 220 kilomètres qui mènent de Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire à Saint-Jean-du-Gard. À noter que pour l’anecdote la dernière étape initialement prévue par Stevenson devait être Saint Jean du Gard – Alès mais il fut forcé d'annuler en raison de l'état de son ânesse. Il effectua donc ce trajet jusqu'à Alès en diligence.

Sur les pas de Stevenson...
le livre à emporter si vous venez à l’Auberge du Peras

Le « Chemin Stevenson » référencé sous le numéro GR70 est une randonnée reprenant le parcours qu'avait effectué, en 1878, Robert Louis Stevenson en compagnie de son ânesse « Modestine ». Equipée pour le voyage d’un pistolet et d’un couteau de poche, une lampe à alcool, une lanterne, des chandelles, une casserole et d’une corde. C’est ainsi que le 22 septembre 1878, ils étaient partis du Monastier sur Gazeille (Haute-Loire), en 12 jours et 220 km de marche, ils vont traverser le Velay, le Gévaudan, passer le Goulet et le Mont Lozère puis traverser les Cévennes pour atteindre Saint-Jean du Gard. De ce périple, l'auteur de Dr Jekyll and Mr Hyde et de l'Ile au Trésor, nous a laissé un magnifique récit : « Journal de route des Cévennes ». En effet, chaque soir, il prit soin de tenir son journal qui fut publié à Londres, en 1879, sous le titre « Voyage avec un âne dans les Cévennes ». Un ouvrage à (re)lire où l'on retrouve de nombreux lieux et anecdotes sur la région. Il goûte la complicité des paysages et la magie des rencontres fortuites. Et comme il l’écrit dans Voyage avec un âne dans les Cévennes : « En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager. »

« Voyage avec un âne dans les Cévennes » Poche Flammarion / 5,10 euros

Accès

Auberge du Peras

Route de Nîmes
30270 SAINT JEAN DU GARD

Tél. : +33 (0) 4.66.85.35.94
Fax : +33 (0) 4.66.85.06.24
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|> En voiture

Depuis Nîmes, prendre direction Alès (N106) puis Anduze (D907), St Jean du Gard.

Depuis Alès, prendre direction Saint Jean du Pin (D50), puis Générargues, Mialet, Saint Jean du Gard.

|> En train

Gare TGV NIMES à 58 Km
Gare SNCF d'Alès à 20 km

|> En avion

Aéroport le plus proche :
Nîmes-Alès-Camargue-Cévennes